Les accidents dramatiques, surtout s’ils sont causés par des irresponsables du volant, font fréquemment la une des médias. Il est donc logique que, parmi les 60 mesures proposées par la Confédération pour accroître la sécurité routière, celles qui concernent de tels accidents soient les plus débattues. Mais à force de se fixer sur des détails, on risque de perdre la vue d’ensemble. Les accidents de la route ont souvent pour corollaire morts, souffrances et autres drames. Il est donc juste, même si le nombre de sinistres routiers recule depuis quelques années (sauf en 2007), que l’on tente d’accroître la sécurité dans le trafic. On peut bien sûr regretter la lenteur de la procédure qui a débouché sur le programme Via sicura et la longueur excessive du catalogue de mesures. Mais il serait tout aussi contestable de rejeter tout le programme à cause de quelques propositions controversées. La procédure de consultation, à laquelle participe aussi le TCS, permet précisément d’y apporter des corrections. Contentons-nous donc pour le moment d’une appréciation positive. Une proposition qui saute aux yeux est d’affecter désormais la moitié du produit des amendes aux mesures de sécurité routière. Voilà sans doute un procédé plus moral que de laisser cet argent à la libre disposition des cantons et des communes et d’encourager ainsi les collectivités à multiplier les mesures chicanières et à coller des amendes tous azimuts. L’idée de renforcer les contrôles pour imposer les réglementations en vigueur semble également justifiée. L’une de ces règles est l’interdiction d’utiliser le téléphone portable en conduisant. En revanche, les dispositifs mains-libres restent autorisés, ce qui est raisonnable.