| Ce classement compare les succès des nations industrialisées occidentales en termes de sécurité routière depuis l'époque du "Peak Death", donc l'année où le nombre de tués sur la route pour 100 000 habitants était le plus élevé. A quelques rares exceptions près, ce " Peak Death" se situe dans la majorité des pays industrialisés dans la première moitié des années 70 alors que le creux de la vague a été atteint à l'époque actuelle.
En partant des données IRTAD (International Road Transport Accident Database), on obtient une courbe en baisse constante dans tous les pays pris en considération. Il y a néanmoins des différences au niveau de l'efficacité des politiques et programmes de prévention mis en œuvre dans ces pays. Alors que les Etats-Unis, par exemple, n'ont réussi qu'à réduire de moitié leur nombre de morts sur la route, les nations industrialisées d'Europe occidentale peuvent faire état de taux de réduction nettement plus importants.
La Suisse et les Pays-Bas prennent largement la tête de ce classement avec, à chaque fois, un facteur de réduction supérieur à cinq. Selon Stefan Siegrist, directeur suppléant du Bureau de prévention des accidents bpa, la réduction à 0,5 pour-mille du taux d'alcoolémie maximal admis a entraîné une baisse réjouissante du nombre de morts sur la route. "Des campagnes soigneusement organisées ont permis de sensibiliser les usagers de la route et la police a doublé en peu de temps ses activités de contrôle dans ce domaine. Sans la coopération de tous les milieux concernés, le seul abaissement de la limite d'alcoolémie aurait eu un effet nettement moindre", explique-t-il. Jean-Marc-Thévenaz, chef du département de la sécurité routière au TCS, voit différentes raisons à cette évolution réjouissante comme l'amélioration de l'infrastructure routière suisse, la sécurité plus grande des voitures, les nouvelles limitations de vitesse, autant d'éléments qui ont contribué à ses yeux à remettre régulièrement à l'ordre du jour la sécurité routière et à rendre des usagers de la route conscients de cette thématique.
Il n'existe cependant pas de recette universelle valable dans toute l'Europe, car à côté de nombreux points communs, les pays pris en considération dans ce classement présentent aussi des conditions de départ différentes. Celles-ci exigent un constant renouvellement des stratégies en fonction des thèmes forts choisis pour les actions de sécurité routière.
Les classements établis par l'Académie de la mobilité partent de la question de fond suivante: "Quelle est la qualité du trafic en Suisse?". A partir de comparaisons régionales, nationales et internationales, il s'agit de mettre en évidence l'efficacité de la prévention suisse face aux principaux défis constitués par le développement de la mobilité ainsi que les chances et les risques qui en résultent pour les milieux concernés en Suisse durant les années et décennies à venir. Ces classements ne prétendent pas répondre à toutes les questions, mais visent à apporter une contribution fondée au débat sur l'avenir de la mobilité en Suisse et ailleurs. |